Thyroid Cancer Canada
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Témoignages de persévérance

Voici des témoignages individuels de survivants du cancer de la thyroïde. Chacun est unique et saura vous inspirer. Partagez votre témoignage de survivants du cancer de la thyroïde – cliquez ici pour soumettre.

Ann Dreger

Nous poursuivons notre série spéciale de témoignages sur des membres bénévoles de CTC. Ann Dreger est bénévole auprès de CTC depuis 2003. Pendant qu’elle tentait de se diriger dans le système de santé à une période difficile de sa vie, après un diagnostic de cancer de la thyroïde, Ann a contacté CTC pour obtenir du soutien et de l’information sur sa condition. Aujourd’hui, elle continue de démontrer sa gratitude à l’endroit de CTC en sensibilisant davantage les gens sur sa maladie et le soutien disponible; elle préside le comité de distribution chargé d'expédier en vrac du matériel imprimé de CTC tels des dépliants, des cartes d’information et des brochures pour les bureaux de médecins et les cliniques à travers le Canada (plus de 70 envois en 2011, y compris plus de 10 000 articles). Nous allons apprendre qu’Ann a contribué, de plusieurs façons, à sensibiliser davantage les gens au cancer de la thyroïde. Son témoignage nous éclaire parce qu’elle ne souffre plus du cancer depuis bientôt neuf ans, et que son parcours est jonché d’événements mémorables qui méritent notre attention.

Ann a reçu un diagnostic de cancer de la thyroïde en janvier 2003; c’est cependant en 1998 qu’elle avait ressenti pour la première fois que « quelque chose n’allait pas ». Elle explique qu’elle perdait ses cheveux plus qu’à l’habitude, et que ses ongles étaient davantage fissurés. À l’époque, son médecin de famille ne s’inquiétait d’aucun problème de thyroïde et n’a donc pas fait l'examen physique du cou de sa patiente.  En décembre 2001, Ann a remarqué une légère enflure au cou. Elle est donc retournée chez son médecin de famille en janvier 2002, et a subi une scintigraphie du cou.  Ann a attendu plusieurs mois avant de voir un endocrinologue, qui l’a ensuite recommandée à un chirurgien. Le chirurgien a procédé à la biopsie de ce qui était un kyste du canal thyréoglosse. Ann a ensuite dû subir une chirurgie pour son ablation. Plusieurs semaines plus tard, les résultats pathologiques ont confirmé un cancer papillaire. Ann a été informée qu’une deuxième chirurgie s’avérait nécessaire pour l’ablation complète de sa glande thyroïde. Contrariée d’avoir à subir une deuxième chirurgie, elle a voulu obtenir une autre opinion médicale à ce sujet. Après consultation avec un autre chirurgien au Mount Sinai Hospital, qui a aussi recommandé une thyroïdectomie complète, Ann a subi cette deuxième chirurgie en janvier 2003.

Elle a récupéré rapidement et repris ses activités normales; peu après la chirurgie, elle jouait trois fois par semaine au volleyball récréatif. Plusieurs mois après, Ann a reçu une dose d’iode radioactif (IRA) comme mesure de prévention pour détruire toute cellule cancéreuse persistante.  À la fin de cette période éprouvante, Ann s’est achetée un kayak. Elle ressent beaucoup de quiétude à glisser ainsi sur les eaux calmes.

Sa procédure de suivi a inclus des scintigraphies du corps entier, ainsi qu’une visite annuelle chez son endocrinologue afin de surveiller sa santé. Elle subit régulièrement des analyses sanguines pour vérifier ses niveaux d’hormones thyroïdiennes, ainsi que son taux de thyroglobuline. Il y a quelques années, Ann a reçu une autre dose d’IRA; on a alors constaté que son cancer avait disparu et qu’elle était maintenant considérée guérie! Lorsqu’on lui demande comment elle se porte et si elle ressent des effets secondaires, Ann indique que son médicament a requis certaines modifications de la dose au cours des années, ce qui a exigé de s’habituer chaque fois à un changement de dosage.  Ann a aussi une pression artérielle élevée, elle a noté des changements pour sa peau et ses cheveux sont plus secs. Elle ignore toutefois si elle peut attribuer ces changements à ses problèmes de thyroïde, au médicament, ou tout simplement au fait de vieillir.

Lorsque Ann s’est impliquée avec CTC en janvier 2003, elle était à la recherche d’un soutien externe. Elle fait valoir que CTC est un site où l’on peut poser n’importe quelle question et obtenir des réponses. Ann estime que les intervenants sur le site comprennent vos craintes et les difficultés que vous traversez, ce qui n’est pas toujours le cas avec les membres de la famille proche. Ann a commencé à faire du bénévolat au soutien téléphonique du CTC, pour parler à d’autres femmes ayant reçu un diagnostic de cancer de la thyroïde et qui traversaient les mêmes difficultés. Elle a été en mesure d’aider beaucoup de femmes, ce qui lui a aussi beaucoup apporté en retour.

Son travail de bénévole auprès de CTC a ouvert d’autres portes. Elle fut invitée à l’émission télévisée sur la santé d’Avery Haines. L’un des épisodes portait sur les problèmes d’ordre thyroïdien comme l’hypo et l’hyperthyroïdisme, ainsi que le cancer de la thyroïde. Pour l’émission, Ann fut filmée à la maison en train de faire des exercices et des activités; de plus, elle et plusieurs médecins ont aussi été interviewés. Ce fut une expérience exceptionnelle, tant pour Ann que pour sa fille cadette, qui l’avait accompagnée au studio de télévision pour l’enregistrement de l’émission. Ann a indiqué qu’elle avait pu compter sur sa fille lors de son passage à l’émission, et que l’expérience en studio avait été très agréable.

Une autre expérience mémorable est survenue dans le cadre d’un concours de Coca-Cola. Depuis 2006, Ann entrait sur le site ICOKE des numéros d’identification personnels obtenus sur les boîtes de coke et les bouteilles de plastique. Un jour, elle remarqua un nouveau concours sur le site. Elle a donc entré ses bulletins de participation chaque jour, jusqu’à terminer en tête. Après avoir répondu à une question d’habileté mathématique et rédigé un bref témoignage, Ann fut choisie pour être l’un des porteurs de la flamme olympique des Jeux d’hiver 2010. Elle croit que le hasard, la chance et le destin ont contribué à lui accorder ce privilège, mais il semble aussi que sa persévérance ait joué un rôle.

En compagnie des autres porteurs de la flamme olympique de Peterborough, North York et Scarborough, Ann a eu le plaisir d’être honorée à Aurora par le conseil municipal et un important rassemblement populaire. Ann a eu beaucoup de plaisir à participer à cette course. Les organisateurs lui avaient remis une tenue blanche, ainsi qu’un chapeau et des mitaines spéciales, à porter pour cette occasion exceptionnelle. La plupart des écoliers en ville se sont massés le long des rues pour encourager les porteurs de la flamme olympique, qui ont été photographiés et interviewés. Ann a acheté sa torche, et a conservé dans une boîte tous les vêtements soulignant cette occasion spéciale, les articles de journaux et autres souvenirs.  Ce fut un moment unique dans l’existence d’Ann, qui indique qu’elle se sentira toujours unie avec les autres porteurs de la flamme olympique de l’Ontario. Elle est très fière des photos la montrant avec la torche. On lui a demandé de participer à d’autres activités familiales à Aurora, et de porter sa tenue blanche ainsi que la torche olympique. Elle a fait plaisir à beaucoup de gens en se laissant photographier avec eux et en tenant la torche.

Ann se rappelle de tous ces événements mémorables, qui ont de toute évidence fait une différence dans sa vie. C’est cependant son parcours avec le cancer qui l’a aidée à prendre conscience de beaucoup de choses. Ann a notamment découvert sa résilience et sa capacité à faire face à la plupart des situations. Elle a aussi découvert qui sont ses véritables ami(e)s, ce que beaucoup d’entre nous ayant subi la maladie peuvent confirmer. Ce sont les personnes sur qui on peut compter et qui sont fidèles.

L’état de santé d’Ann est encourageant, puisqu’il reflète les statistiques favorables indiquant un taux de survie de 98 % à 5 ans pour les personnes ayant reçu un diagnostic de cancer de la thyroïde. Elle prévient cependant que même si ce type de cancer est plus traitable que d’autres, il s’agit néanmoins d’un cancer.  Elle souhaite que les médecins cessent de parler de « bon cancer », puisqu’une telle chose n’existe pas. Ayant personnellement aussi reçu un diagnostic de cancer de la thyroïde, je comprends très bien, étant donné que beaucoup de gens m’ont dit de ne pas m’inquiéter puisqu’il s’agit d’un « bon cancer ». Comme le dit Ann : « aimeriez-vous l’avoir? » Cette maladie n’a rien de banal, et l’étiqueter comme étant un « bon cancer » minimise les défis auxquels sont confrontés les patients vivant sans glande thyroïde ou aux prises avec une forme plus agressive de la maladie, en plus de réduire probablement le manque d’attention publique envers cette maladie.

Merci, Ann, de donner un visage public aux survivants du cancer de la thyroïde partout au Canada!