Thyroid Cancer Canada
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Témoignages de persévérance

Voici des témoignages individuels de survivants du cancer de la thyroïde. Chacun est unique et saura vous inspirer. Partagez votre témoignage de survivants du cancer de la thyroïde – cliquez ici pour soumettre.

Olivia Chow, députée

Entrevue personnelle, 13 janvier 2008

Le cancer de la thyroïde ne fait aucune discrimination. Il touche de jeunes enfants, des personnes âgées et plusieurs autres personnes d’âge mitoyen. Peu importe à la maladie si vous êtes riche ou pauvre, inconnu ou célèbre. Vedettes du rock, artistes et politiciens : personne n’y échappe.

L’une de nos membres n’a pas seulement été touchée par le cancer de la thyroïde, mais elle a également raconté son histoire avec une grande générosité aux médias en 2005. À titre de députée reconnue et de conjointe du regretté chef du Nouveau Parti démocratique du Canada, cette histoire a été grandement couverte à la fois sur médias papier et visuels. De façon courageuse, elle ne s’est aucunement souciée de l’effet négatif potentiel sur sa carrière politique. À ses yeux, il importait plus de sensibiliser les gens sur notre rare cancer et d’encourager la recherche que de s’empêcher de prononcer le mot « cancer » en public. Cette personne sans peur se nomme Olivia Chow.

Son histoire commence en 2002, lorsqu’Olivia et son mari, Jack Layton, étaient tous deux conseillers municipaux pour la ville de Toronto. Un jour, alors qu’ils étaient assis dans leur cuisine, Jack a remarqué une bosse sur le cou d’Olivia. Comme plusieurs d’entre nous, il s’en est suivi une batterie de tests, incluant des ultrasons et des biopsies par aspiration à l’aiguille fine périodiques (trois au total). Bien que tous les tests se soient avérés négatifs, son médecin (la Dre Betty Chan) lui a conseillé de subir une thyroïdectomie.

Une année s’est écoulée et Olivia a continué sa vie mouvementée de conseillère municipale pour le quartier Trinity-Spadina, tout en se préparant pour briguer un siège lors de l’élection fédérale de 2004. À cette période, Jack avait été élu chef du NPD et se présentait également comme candidat député, et ce, malgré le fait que cela rendait leur vie trépidante encore plus occupée. Olivia n’était pas encore prête à subir son opération.

Elle s’est plutôt lancée dans la recherche sur Internet. Elle a appris que la grande majorité des nodules thyroïdiens sont bénins et ne s’est pas trop inquiétée de l’apparence de sa bosse au cou.

On peut facilement s’étourdir à voir le couple Chow-Layton en action. Ils sont en mouvement pratiquement à toute heure du jour. Ils ne possèdent pas de voiture et se rendent à vélo au travail chaque jour lorsqu’ils représentent tous deux des quartiers à la ville. Ils sont très sensibilisés en matière de santé et d’environnement : ils courent différents marathons, prennent leurs vacances pour faire des randonnées arctiques et font du canoë sur de magnifiques rivières nordiques. Leur résidence est un modèle d’efficacité environnementale et ils font tout pour éviter d’utiliser des toxines à l’intérieur et à l’extérieur de leur maison. Si quelqu’un faisait tout pour éviter les déclencheurs environnementaux et les toxines pouvant influencer le développement du cancer, c’était bien Olivia.

Avant 2004, et en dépit de ses meilleurs efforts, elle a reçu un concert d’appels lui demandant de « faire retirer cette bosse »; ces appels provenaient de gens qui la pressaient de le faire, incluant des membres du personnel de l’hôtel de ville, son mari et sa propre mère Ho Sze Chow, qui vivait avec les Layton.

De plus, lors de la crise du SRAS à Toronto, Olivia a participé à des panels avec des docteurs. L’un de ceux-ci lui a demandé : « Conseillère Chow, avez-vous fait examiner votre cou? »

Lorsqu’Olivia a brigué un siège lors de l’élection fédérale de 2004, ses conseillers ont tout fait pour faire disparaître la bosse sur son cou, qui avait maintenant la forme d’un œuf, des photos des documents de la campagne électorale! On pouvait également la voir fréquemment à la télévision à cette époque, et deux docteurs différents ont téléphoné à son bureau pour demander : « Est-ce qu’Olivia Chow sait qu’elle a une masse sur sa thyroïde? » Un cadreur d’un réseau de nouvelles l’a même interpellée pour l’informer de la bosse qu’il avait remarquée dans son viseur.

En novembre 2005, sans aucun signe que son nodule était cancéreux, Olivia (alors âgée de 47 ans) s’est résignée à subir une thyroïdectomie complète. Avec son style habituel, et grâce à sa santé autrement excellente, elle a subi son opération un jeudi et était de retour à l’hôtel de ville le lundi suivant. Deux semaines plus tard, son chirurgien (le Dr Jeremy Freeman de l’hôpital Mount Sinai) lui a remis les résultats de sa pathologie. Elle présentait une tumeur papillaire de 3,6 cm. Bien entendu, cette nouvelle a été tout un choc pour elle. Toutefois, grâce à toutes les lectures qu’elle avait faites au cours des années précédentes au sujet des nodules thyroïdiens et du cancer, la nouvelle a été plus facile à prendre et on l’a même surprise à rassurer les autres personnes dans sa vie que tout irait bien pour elle.

Trois mois plus tard, Olivia a pris une dose ablative d’iode radioactif (IRA) à l’hôpital Mount Sinai. La fenêtre de la salle d’isolation de l’hôpital fait face à l’ouest, ce qui a permis à Olivia d’avoir une vue sur sa propre maison, qui se trouvait à quelques rues de là. Pendant les trois journées en isolation d’Olivia, Jack et elle ont occasionnellement fait clignoter leurs lumières de chambre l’un pour l’autre afin de rester en contact.

Encore une fois, Olivia a récupéré très rapidement de sa période d’hypothyroïdisme (pour le traitement à l’IRA) et a pu affirmer fièrement que depuis son traitement le vendredi, elle a seulement manqué deux semaines de travail la semaine suivante. Sa scintigraphie du corps entier suivante s’est avérée négative.

Le Dr Paul Walfish, endocrinologue, assure son suivi depuis ce temps. Lors de sa première année post-opération, Olivia a reçu une dose de Cytomel uniquement. Le Dr Walfish utilise ce protocole unique pour permettre à ses patients de tomber rapidement en hypothyroïdie s’il croit qu’une scintigraphie à la suite d’un traitement à l’iode radioactif ou un test de retrait de thyroglobuline (Tg) sont requis. En 2006, sa médication a été changée pour le Synthroid.

Depuis, la vie d’Olivia a retrouvé une nouvelle normalité. En santé, vigoureuse et toujours très active, elle travaille 16 heures par jour à titre de députée, mais trouve quand même du temps pour nager, faire de l’entraînement avec poids et haltères et du vélo. Au cours du congé de Noël, Jack et elle ont pris des vacances dans le sud, qui incluaient deux heures par jour de plongée libre.

Comme pour la plupart des patients du cancer de la thyroïde, Olivia continue d’être suivie annuellement avec des examens, des ultrasons et des analyses sanguines. Et après un certain temps, elle subira également un test de Tg stimulé au Thyrogen.

L’histoire d’Olivia Chow est parfaite pour commencer cette nouvelle série. À titre de survivante du cancer de la thyroïde, elle est une inspiration de par sa force et sa résilience. Plusieurs de nos membres ont entendu parler de Cancer de la thyroïde Canada, car elle a été assez brave pour se présenter devant les médias pour raconter son histoire en 2005. À votre santé, Olivia!