Thyroid Cancer Canada
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Témoignages de persévérance

Voici des témoignages individuels de survivants du cancer de la thyroïde. Chacun est unique et saura vous inspirer. Partagez votre témoignage de survivants du cancer de la thyroïde – cliquez ici pour soumettre.

Paula Smith

« Je n'avais que 62 ans quand j'ai reçu un diagnostic de cancer papillaire (folliculaire) multifocal de la thyroïde. »

En 2007, Paula a reçu un diagnostic de cancer papillaire (folliculaire) multifocal de la thyroïde. Elle participe activement à son église, Praise and Worship Ministry, dans la région de Yarmouth en Nouvelle-Écosse. Paula a d'abord remarqué quelques changements dans sa voix durant les répétitions pour un grand spectacle de Noël appelé The Living Tree à son église. Durant ces répétitions hebdomadaires, Paula a remarqué qu'elle ne pouvait plus atteindre certaines hautes notes aigües et avait la sensation d'avoir un petit pois collé dans la gorge. Comme elle se sentait particulièrement fatiguée, elle a décidé de consulter son médecin de famille qui l'a ensuite recommandée à un oto-rhino-laryngologiste. En novembre 2006, Paula a rencontré ce spécialiste, qui l'a informée qu'elle devait subir une laryngoscopie. Toutefois, elle n'a pu obtenir de rendez-vous pour subir cet examen que plusieurs mois plus tard, en février 2007. Après cet examen, on lui a dit qu'elle devait subir une biopsie à l'aiguille, car on avait aperçu quelque chose. Comme ses résultats n'étaient pas concluants, elle a été renvoyée à un chirurgien local. Après sa consultation, il a été établi que la chirurgie était son meilleur choix pour confirmer si son nodule était bénin ou cancéreux, tout en lui disant de ne pas s'inquiéter.

Au début du mois de juin 2007, Paula a subi une thyroïdectomie partielle et un diagnostic de cancer de la thyroïde a alors été confirmé. Toutefois, la chirurgie a entraîné certaines complications. Elle a eu une réaction allergique aux sutures quelques heures seulement après l'intervention et il a fallu les enlever. En blaguant, Paula affirme : « Le chirurgien a du enlever toutes les sutures et me rafistoler avec du sparadrap chirurgical. Mon pauvre mari avait une peur bleue de voir ma tête tomber. Il ne voulait pas m'amener en voiture par crainte de heurter un nid-de-poule. » Malgré sa situation quelque peu précaire, Paula a pu retourner chez elle seulement deux jours après l'intervention en ressentant très peu de douleur. En fait, seulement une semaine après sa chirurgie, Paula a conduit jusqu'au Cap Breton parce que sa mère était très malade. Avec humour, Paula explique : « J'ai roulé pendant sept heures pour être à ses côtés. Je ne pouvais pas me tourner la tête, mais Dieu merci, après des années passées à transporter des chevaux, je savais comment utiliser mes rétroviseurs. »

Quatre mois plus tard, en octobre 2007, Paula a subi une thyroïdectomie complète avec dissection modifiée du cou. La chirurgie n'a pas été douloureuse, mais elle a eu des problèmes avec son taux de calcium qui est, éventuellement, revenu à la normale.

Quatre mois après sa chirurgie, elle a un traitement à l'iode radioactif (IRA). Plusieurs d'entre nous qui avons subi ce traitement peuvent assurément comprendre l'appréhension de Paula à l'égard de ce processus. Selon elle : « Au début, c'est terrifiant, car on marche dans les corridors de l'hôpital où des écriteaux d'avertissement de radioactivité sont partout sur les murs. »

Le traitement à l'IRA est une expérience plutôt isolante, il est donc très réconfortant d'avoir des amis et des proches qui vous téléphonent avec des mots d'encouragement. Ses amies lui ont remis une trousse-cadeau qui contenait un petit article pour chaque jour qu'elle passait à l'hôpital. Elle ouvrait un cadeau à la même heure chaque jour. Paula affirme : « Cette petite routine m'était très réconfortante, tout comme la lecture de lettres que j'ai reçues de mes proches. Tout cela m'a beaucoup aidée pendant cette période d'isolement. »

 

Une fois à domicile, Paula a pu passer un certain temps au chalet familial qui avait été préparé pour sa période qu'elle appelle de « dé-rayonnement ». Après un traitement à l'IRA, les patients demeurent radioactifs pendant une courte période de temps et doivent éviter tout contact avec d'autres personnes. Paula a toutefois subi certains effets secondaires à la suite du traitement au niveau de ses glandes salivaires et de son sens du goût, mais dans l'ensemble, tout s'est bien passé. Les premiers aliments « normaux » que Paula a pu consommer après des semaines de diète à faible teneur en iode étaient des ailes de poulet et une salade grecque. Chaque patient qui a subi un tel traitement sait à quel point on rêve au moment où on peut enfin avoir des repas normaux. Même si Paula décrit cette diète avec enthousiasme et affirme qu'il était temps d'adopter une cuisine plus créative et innovatrice, elle affirme néanmoins : « Les ailes de poulet et la salade étaient tout simplement divines; j'étais aux anges. » Paula a rencontré un radio-oncologue et son endocrinologue qui lui ont donné de l'information sur son traitement à l'IRA. Cependant, c'est grâce à CTC et à son forum en ligne qu'elle a pu obtenir de l'information, des conseils et de la sympathie. Elle a aussi découvert un réseau de soutien indispensable avec des personnes bienveillantes avec qui elle se sentait acceptée et, surtout, en sécurité.

Il est parfois paralysant, tant physiquement que mentalement, d'entendre le mot « cancer ». Un individu peut croire que personne ne comprend réellement sa situation. Même les proches peuvent parfois éprouver de la confusion et de la difficulté à comprendre un diagnostic de cancer ou le comportement de la personne atteinte. Paula est devenue bénévole à CTC et c'est grâce à son forum en ligne qu'elle a retrouvé ses forces et un nouvel espoir pour son avenir. Elle poursuit ce rôle de bénévole-modératrice sur ce forum. Elle dit : « Je peux maintenant donner au suivant. Je peux vraiment comprendre ce que ressentent les gens qui écrivent sur le forum, car je me rappelle ma propre expérience. Je comprends tout à fait quand les gens écrivent qu'ils veulent ravoir leur ancienne vie. » Son rôle auprès de CTC lui donne beaucoup de satisfaction, en voyant d'autres patients reprendre la santé et, à leur tour, donner au suivant. Elle affirme que même si nous sommes séparés par de longues distances avec peu de chances de ne jamais se rencontrer, nous sommes une grande famille et nous nous sommes tous rapprochés par cette expérience. Nous nous aimons et acceptons mutuellement, nous nous encourageons, nous rions et pleurons ensemble. Nous sommes tous "connectés". »

Il est indéniable que le cancer suscite beaucoup de crainte chez les gens. Je crois qu'il faut « redéfinir » notre perception et apprendre à vivre avec le cancer. Enlevons la connotation négative du mot, en tentant plutôt d'en avoir une perspective éclairée. Nous pouvons apprendre beaucoup de choses de notre expérience du cancer. Selon Paula, chaque jour de plus est un cadeau du ciel et on doit en profiter au maximum. Elle affirme : « Je suis reconnaissante et j'ai appris à mieux voir mes bienfaits. J'ai appris à multiplier les baisers et les étreintes. J'ai aussi appris à pardonner et à dire "je t'aime" tous les jours. »

Le cancer ne redéfinit pas l'individu; il lui enseigne plutôt à réfléchir à la vie et à être bon envers soi et ses proches. L'expérience de Paula peut aider d'autres à réaliser que des épreuves suscitent de nouvelles forces et donnent une nouvelle perspective pour notre nouveau « moi ».

Dans le cas de Paula, elle se sent vraiment fortunée d'avoir ses médecins impliqués dans son traitement au centre du cancer de la thyroïde à Halifax, Nouvelle-Écosse, car ils travaillent vraiment en équipe. Néanmoins, elle a un message pour tous les médecins traitant des patients atteints du cancer thyroïdien : « Les analyses sanguines ne sont pas toujours fiables. La numération globulaire peut être exacte, mais n'indique pas que le patient se sent bien. » Elle encourage les médecins à faire preuve de patience et de mieux écouter leurs patients. Ce n'est pas une litanie de plaintes. Au contraire, c'est une occasion d'apprendre des patients et d'aller de l'avant dans l'espoir de pouvoir mieux comprendre la maladie. Paula affirme, en terminant : « Je souhaite bonne chance et bon succès à tout un chacun vivant sa propre expérience avec le cancer thyroïdien et je suis privilégiée de pouvoir contribuer à ma façon (en tant que modératrice du forum en ligne) à embellir la journée de quelqu'un. Si je réussis, j'aurai fait mon travail, et j'adore ça! »